Alice VACHET (Speaker) : "Les marques doivent humaniser leur communication"

Alice VACHET (Speaker) : "Les marques doivent humaniser leur communication"
Propos recueillis par Marie-Laure Fraux
Publié le 30-06-2020


Certains prennent des shots de jus multivitaminés, d’autres échangent avec Alice Vachet. Moins facile de se faire livrer mais les bienfaits sont là. Une dose d’énergie, de positivisme et d’ingéniosité loin des discours policés pour cette influenceuse, experte en digital et « podcasteuse » qui interroge désormais l’empreinte des marques et des individus. Retour sur le parcours et la vision de cette défricheuse de tendance engagée et authentique.

Experte en digital et social média avec une communauté de près de deux cents mille followers, tu es aujourd’hui indépendante après avoir travaillé en média, chez l’annonceur et en start-up. Comment es-tu arrivée là à tout juste 30 ans ?

J’ai découvert les réseaux sociaux quand j’ai eu une intoxication alimentaire assez grave à Shangaï, il y a maintenant 10 ans. Alitée mon cerveau était la seule chose qui marchait donc je l’ai fait fonctionner et à l’époque les réseaux sociaux explosaient. Plutôt que de scroller frénétiquement toute la journée, j’ai essayé d’en comprendre les rouages et très vite j’ai intégré le type de contenu qui s’adaptait à leur utilisation. J’ai la chance d’être créative et d’avoir cet instinct qui permet d’identifier le contenu très viral et facilement appropriable. Après l’avoir identifié et compris je l’ai tout naturellement créé, avec des infographies, puis tout s’est enchainé très vite. Après twitter, j’ai évidemment investi Instagram avec un contenu différent mais encore une fois adapté à l’usage.

Est-il encore possible d’émerger aujourd’hui ? Quels sont les moyens pour y arriver ?

Il faut avant tout rattraper le retard et cela passe nécessairement par la formation : comprendre pour maîtriser. Au-delà de l’apprentissage, il est possible d’émerger et de devenir très bon en faisant preuve de créativité. Juste faire preuve de créativité, innover sans cesse, se démarquer et créer du contenu. Le contenu est au cœur de l’influence. Si tu es un très bon créateur de contenu, tu peux très vite devenir influenceur.

Tu travailles pour des marques mais aussi pour des individus, quelles différences notes-tu dans la stratégie ?

Il y a de moins en moins de différence dans une stratégie de branding et de personal branding sur les réseaux. Aujourd’hui les marques doivent humaniser leur communication et finalement celles qui ont une réelle empreinte sur les réseaux sont celles qui sont le plus souvent incarnées par le PDG, comme pour le Slip Français par exemple. Personne n’aime parler avec un logo ou un robot, ce que le client, l’internaute souhaite c’est échanger avec la personne qui est derrière la marque. Je recommande donc la même chose : montrer ses coulisses, ses failles, rester authentique et surtout pour une marque ne pas hésiter à devenir très humain.  

Comment penses-tu l’évolution du social média ?

Depuis plusieurs années, les stratégies de contenu et le fonctionnement des réseaux sociaux ont très peu évolué. Le changement réside davantage dans les plateformes elles-mêmes. Certaines perdent en notoriété comme Facebook, d’autres se créent et explosent comme c’est le cas pour Tik Tok. Les réseaux vont perdurer parce que c’est un moyen d’échanger et une façon de rencontrer des gens. Demain tout le monde y sera même les seniors et le confinement a d’ailleurs été un important accélérateur. Avant la crise les seniors ne percevaient pas l’utilité de ces réseaux et les regardaient avec circonspection. Confinés, éloignés de leurs proches, ils ont très vite compris l’utilité. Par la contrainte finalement ils ont expérimenté le sujet et ont aujourd’hui beaucoup moins peur. N’oublions pas également que les séniors de demain sont les utilisateurs d’aujourd’hui, nous allons donc assister à une généralisation des réseaux, avec de nouvelles plateformes destinées à une nouvelle typologie d’utilisateurs.

Depuis 1 an, tu animes le podcast « L’empreinte » qui cartonne. Qu’elle est la mission et l’ambition de ce nouveau format dédié à la RSE ?

Effectivement nous avons de très bons résultats puisque nous dépassons les 150 000 écoutes par mois. Pour un format qui n’est pas encore inscrit, c’est très prometteur et je pense que nous avons trouvé le bon positionnement et le bon contenu. Notre mission est assez simple finalement : rendre la RSE accessible, informer, inspirer et surtout être positive. Le sujet est grave mais il faut l’aborder de façon constructive sinon personne n’avance. L’idée n’est pas de mettre en lumière uniquement des entreprises 100% à impact ou des engagements parfaits. Loin de là, ce que nous voulons montrer c’est que l’action positive est à la portée de tous, même des grandes entreprises controversées sur le sujet de la RSE. Ces entreprises ont le droit et même le devoir de s’améliorer en mettant en place des actions responsables, en modifiant leurs procédés de fabrication, en engageant l’ensemble de leurs collaborateurs et surtout la direction. L’objectif est d’inspirer toutes les entreprises à faire mieux quel que soit leur taille ou leur secteur. La RSE va modifier l’économie mondiale, l’enjeu aujourd’hui est de valoriser ces engagements pour inciter les investissements et réconcilier business et écologie.